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Covid-19 : Deux domiciles désinfectés au quartier Tabtenga de Ouagadougou (08/05/2020)

En procédant ce jeudi, 7 mai 2020, à la désinfection de deux concessions en présence de la presse, l’équipe de la commission de Prévention et de contrôle des infections (PCI) du Centre de réponses aux urgences sanitaires (CORUS) dit mener son « travail sur le terrain ». A ce jour, la commission affirme enregistrer plus de 500 pièces (services et domiciles) désinfectées. 

Internée dans une formation sanitaire depuis le dimanche 3 mai 2020, comment Maïmounata, cette fillette de 9 ans, s’est retrouvée atteinte du Covid-19 ? « Je ne sais pas où elle a contracté la maladie », répond le père de la jeune fille, Issa Zabré.

Ayant constaté que l’état de santé de deux de ses enfants souffrant d’une toux et présentant également une fièvre ne s’améliorait pas, Issa Zabré finit par les conduire dans une formation sanitaire. « Après consultation, on leur a prescrit des produits, mais Maïmounata continuait de tousser. J’ai donc décidé d’appeler le centre de veille et une équipe est venue faire un prélèvement de l’ensemble de la famille. Après examen, tout le monde a été déclaré négatif, sauf Maïmounata. Elle a donc été conduite dans une formation sanitaire et l’équipe nous a conseillé de rester à la maison », a-t-il témoigné. Et si à ce jour, les cinq autres membres de la famille semblent être bien portants, Issa Zabré confie : « Ce serait bien si on pouvait nous donner des médicaments parce qu’on a quand même un peu peur. Mais on se réjouit que la maison ait été désinfectée ».

 

Du côté de la commission de la Prévention et du contrôle des infections (PCI) du CORUS, le technicien en génie sanitaire, Kamboulbé Dah, rassure que cette opération de désinfection aura permis de lever toute source de contamination dans le domicile familiale de la jeune fille ainsi que dans la cour voisine, également fréquentée par la patiente.

« Nous utilisons le chlore en pastille, et selon le fabricant, il faut utiliser trois comprimés par litre pour avoir une concentration de 0,5% pour pouvoir faire la pulvérisation. Mais sachez qu’on peut utiliser l’eau de javel ou tout autre désinfectant qui entre dans le domaine médical. Trente minutes après la désinfection (temps de contact pour le chlore pour tuer le virus), la maison peut être fréquentable », a-t-il expliqué.

 

De l’équipement de désinfection, Kamboulbé Dah précise que seules les lunettes et les bottes sont réutilisables. La combinaison, qui coûte environ 30 mille francs CFA, n’est pas récupérable.

La localisation des maisons, une difficulté

« Au Burkina, ce qu’on a opté de faire, c’est de pulvériser la concession dès qu’on conduit le malade vers une formation sanitaire. C’est vrai que souvent, ce n’est pas systématique, mais dans les 48 heures qui suivent, nous procédons à la désinfection », indique Kamboulbé Dah. Et si la désinfection des domiciles des personnes malades du coronavirus fait parfois l’objet de polémique, le technicien en génie sanitaire affirme que « sur le terrain, le travail est fait ».

La difficulté, dit-il, « c’est la localisation des concessions. Vous appelez souvent la personne qui vous dit, venez à tel lieu ; on vous dit après, ce n’est pas ici. Et vous allez passer le temps à tourner (…). Il y a aussi des gens qui appellent et vous promettent de revenir, mais ne réagissent plus. Si on ne connaît pas ta maison, on ne peut pas venir, même si on a la volonté ».

Chargée de limiter la transmission interhumaine du Covid-19, (la commission) de PCI, en plus de la désinfection des lieux, veille, entre autres, au respect du protocole des enterrements liés à la pandémie.

Source : Lefaso.net